Le bal de la Sainte-Catherine à Haine-Saint-Pierre s’arrête après 80 ans, la fin d’une tradition *
Le bal de la Sainte Catherine à Haine-Saint-Pierre, c’est terminé.
Ce bal de musique classique est organisé depuis 1945 par le Royal Club 1900, un club de danses traditionnelles.
Il devait fêter sa 80e édition ce samedi ( 30-11-2024 ) mais par faute d’inscrits cette année, le bal a dû être annulé.
Christian Fondu est le président du Royal Club 1900 et le fils d’un des fondateurs du club de danse hainois, il est tombé dedans quand il était petit.
"J’avais huit ans, donc ça fait 63 ans que je fais le bal" se rappelle-t-il, "c’est surtout la sympathie des gens entre eux, l’amitié et alors le plaisir de danser que j’adorais.
Notre devise c’était Plaisir et charité, une partie des bénéfices était redonnée aux veuves et aux malheureux d’après la guerre".
Cet amour de la danse Christian l’a hérité de son père et l’a lui même transmis à sa fille, Valérie.
Elle est aujourd’hui secrétaire du club et n’a manqué aucun bal depuis sa naissance.
"C’est un peu comme Obélix, je suis tombée dedans quand j’étais petite parce que déjà dans le ventre de ma maman, je faisais une valse" raconte-t-elle en souriant.
Alors quand elle évoque la fin de cet événement, sa voix tremble d’émotion.
"Je suis dedans depuis que je suis toute petite et j’aurais aimé continuer ce que mes anciens se sont engagés à faire".
De la tristesse, mais aussi des souvenirs conservés bien précieusement, comme l’une de ses nombreuses robes.
"Je n’arrive pas à m’en défaire, ça me fait un pincement au cœur, sachant que demain, je ne la mettrai pas" termine-t-elle.
Le bal devait fêter ses 80 ans ce samedi, mais les anciens vieillissent et les jeunes ne sont plus attirés.
Ces dernières années l’engouement envers de genre d’événement diminue de plus en plus.
"Au début, il fallait compter à peu près 150, 160 membres.
Maintenant, on termine avec 30 ou 40 personnes pour faire un bal. Il faut payer l’orchestre, la location de la salle, la Sabam.
Alors si c’est pour se taper sa tête dans le mur, on arrête".
Les adeptes se font rares et les nouvelles générations ne sont plus tant attirées par ces traditions.
"Moi, je me souviens, quand j’étais à l’école, j’essayais d’avoir plein de copains et copines justement pour avoir des enfants de mon âge.
On me disait – Oh, c’est ringard, c’est vieux jeu, c’est pour les vieux – et maintenant, les jeunes de maintenant, ça ne les attire plus" termine Valérie Fondu.
* Source : rtbf.be